Pêche du Thon au broumé - Une technique simple pour des sensations hors normes

Pêche du Thon au broumé - Une technique simple pour des sensations hors normes

S’il existe une pêche capable de faire vibrer un pêcheur comme peu d’autres techniques, c’est bien la pêche du thon rouge au broumé.

Contrairement à ce que beaucoup imaginent, cette pêche n’est pas forcément compliquée. Elle ne demande pas de techniques de lancer particulières ni de matériel électronique hors de prix. En revanche, lorsqu’un thon rouge décide de se saisir de votre appât, vous entrez dans une autre dimension.

Le hurlement du moulinet, la canne qui plie sous la puissance du premier rush, l’adrénaline qui monte instantanément, les jambes qui tremblent parfois sur un premier poisson… voilà ce qui fait la magie de cette pêche.

Aujourd’hui, j’avais envie de partager avec vous mon expérience et quelques conseils simples pour découvrir cette technique exceptionnelle.

Qu’est-ce que la pêche du thon au broumé ?

La pêche du thon au broumé consiste à attirer les poissons à proximité du bateau grâce à un amorçage régulier à base de sardines.

Le bateau reste généralement à l’arrêt, soit sur ancre, soit maintenu par un moteur électrique avec ancre virtuelle. Dans certains cas, lorsque les conditions le permettent, il est également possible de pratiquer en dérive.

L’objectif est simple : créer une traînée d’amorçage dans le courant afin que les thons la remontent progressivement jusqu’à trouver votre appât.

C’est une technique relativement accessible, mais qui peut déboucher sur des combats parmi les plus impressionnants que l’on puisse vivre en Méditerranée.

Choisir la bonne zone

Contrairement aux idées reçues, il n’est pas toujours nécessaire de partir très loin au large.

Bien souvent, les thons fréquentent des secteurs relativement proches des côtes.

Personnellement, je recherche principalement des fonds compris entre 80 et 200 mètres. Mais plus encore que la profondeur, ce sont les couloirs de circulation qui m’intéressent.

Imaginez une autoroute sous-marine. Les thons utilisent régulièrement certains secteurs pour leurs déplacements. C’est sur ces zones de passage qu’il faut concentrer ses efforts.

Avant de s’ancrer ou de mettre en place une dérive, il est important d’observer les conditions et de comprendre comment travaille le courant.

Faire venir les poissons

Une fois sur zone, j’aime effectuer plusieurs passages dans le secteur tout en distribuant quelques sardines.

Certains pêcheurs ont remarqué que le bruit du moteur peut éveiller la curiosité des thons. Sans prétendre que cela fonctionne à chaque fois, il m’arrive régulièrement de faire plusieurs grands cercles avant de m’installer définitivement.

Une fois le bateau positionné, l’amorçage commence réellement.

Les sardines congelées restent la solution la plus utilisée. L’objectif est de créer une traînée régulière qui va progressivement attirer les poissons.

L’utilisation d’un amorçoir permet également de faire descendre des particules à différentes profondeurs afin de travailler plusieurs couches d’eau.

La patience fait partie intégrante de cette pêche. Certains jours, les poissons répondent rapidement. D’autres fois, il faut attendre davantage.

Quel matériel pour la pêche du thon au broumé ?

Lorsqu’un poisson de 50, 80, 100 ou même 150 kilos décide de prendre votre appât, il n’y a pas de place pour l’improvisation.

La canne

Les cannes utilisées pour cette pêche mesurent généralement autour de 1,80 mètre et possèdent une énorme réserve de puissance.

Elles doivent être capables d’encaisser des combats parfois très longs tout en restant suffisamment confortables.

Chez RS FISHING® Ajaccio, nous avons sélectionné les cannes SUNRISE Top Shot X pour cette pratique. Leur action parabolique et leur puissance permettent de faire face sereinement aux poissons les plus combatifs.

Le moulinet

Le moulinet est probablement l’élément le plus sollicité durant le combat.

Il doit posséder une grande capacité afin d’accueillir plusieurs centaines de mètres de tresse.

Je conseille généralement un ensemble capable de contenir au minimum 500 à 600 mètres de tresse 80 lb.

Mais la capacité n’est pas le seul critère.

Le frein doit être fiable et conçu pour supporter des efforts importants pendant de longues durées.

Pour comprendre, imaginez une voiture lancée à pleine vitesse avec le pied constamment sur le frein. Les freins chauffent énormément.

Sur un combat de thon, c’est exactement le même principe.

C’est pourquoi nous utilisons notamment les moulinets Avet HXW 5/2 Raptor et Okuma Makaira, équipés de systèmes de freinage conçus pour ce type d’effort.

La tresse et le bas de ligne

Nous utilisons généralement une tresse 80 lb telle que la Sufix Top Shot Pro multicolore.

En tête de ligne, nous ajoutons environ vingt mètres de fluorocarbone ou de shock leader en 80 ou 100 lb.

Pour raccorder la tresse au bas de ligne, le Rotoknotter permet de réaliser un nœud long, fin et extrêmement résistant aux rushs violents des gros poissons.

Les hameçons

Les hameçons Circle restent aujourd’hui une référence pour cette pêche.

Les tailles les plus couramment utilisées se situent entre 6/0 et 10/0 selon la taille des appâts employés.

Les appâts peuvent être de simples sardines congelées mais également des vifs comme les maquereaux ou les sévereaux.

La mise en place de la ligne

Deux à trois mètres au-dessus de l’hameçon, j’installe généralement un plomb d’environ 100 grammes fixé à l’aide d’un simple élastique.

Ce système permet de retirer rapidement le plomb lorsqu’il devient inutile.

La ligne est ensuite descendue à la profondeur souhaitée, souvent entre 20 et 40 mètres selon l’activité observée.

Un ballon de type anniversaire est ensuite fixé à l’aide d’un autre élastique.

Le principe est simple : laisser le ballon s’éloigner dans le courant afin de positionner l’appât à une distance comprise entre 30 et 60 mètres du bateau.

Cette distance est très importante.

Elle laisse une marge de sécurité lors du départ et évite qu’un poisson puissant ne passe immédiatement sous le bateau.

Le départ : le moment que tout le monde attend

Puis vient l’attente.

La canne repose dans le porte-canne.

Le frein est réglé relativement souplement, avec juste assez de résistance pour conserver une légère tension.

Le but n’est surtout pas de bloquer le poisson dès la touche.

Puis soudain…

Le ballon disparaît.

Le moulinet commence à hurler.

La canne entre en action.

Et là, tout s’accélère.

Le premier rush peut facilement emporter 200 à 300 mètres de ligne.

On laisse partir le poisson.

On garde son calme.

On démarre le bateau.

On se positionne correctement.

Et le véritable combat commence.

Un combat que l’on n’oublie jamais

Beaucoup de pêcheurs pensent avoir déjà combattu de gros poissons.

Puis ils rencontrent leur premier thon rouge.

Et ils comprennent immédiatement la différence.

Un thon rouge est une machine de guerre.

Un poisson composé presque uniquement de muscles.

Après un premier rush impressionnant, il va souvent repartir plusieurs fois.

Trois départs.

Quatre départs.

Parfois davantage.

L’objectif n’est jamais de l’arrêter brutalement.

Il faut le fatiguer progressivement.

Récupérer du fil mètre après mètre.

Augmenter progressivement la puissance du frein au fur et à mesure du combat.

Rester concentré.

Ne jamais lui laisser de mou.

Car au moindre relâchement, il profitera de l’occasion pour récupérer.

Parfois même, le poisson fait demi-tour et fonce vers le bateau.

De nombreux pêcheurs pensent alors qu’il s’est décroché.

En réalité, il revient simplement vers eux.

Il faut être réactif et repositionner le bateau rapidement afin d’éviter qu’il ne passe sous la coque.

La sécurité avant tout

Cette pêche ne doit jamais être prise à la légère.

Le port de gants est fortement recommandé.

L’utilisation d’un baudrier devient rapidement indispensable sur les gros poissons.

Je conseille également de combattre le poisson dans une zone du bateau où le franc-bord est suffisamment haut afin de pouvoir prendre appui avec les jambes en toute sécurité.

Pensez également à sécuriser votre canne à l’aide d’une petite longe équipée d’un mousqueton.

Cela peut éviter bien des mauvaises surprises.

Le plus beau moment

Pour beaucoup de pêcheurs, le combat est extraordinaire.

Mais le plus beau moment arrive souvent juste après.

Lorsque le poisson apparaît enfin sous le bateau.

Lorsque l’on découvre sa taille réelle.

Lorsque l’on observe ses couleurs métalliques incroyables, ses reflets bleus, argentés et dorés qui changent avec la lumière.

À ce moment-là, on comprend pourquoi tant de pêcheurs deviennent passionnés par cette technique.

Il y a de la puissance.

De l’émotion.

Du respect.

Et une immense satisfaction.

Une aventure accessible à tous

La pêche du thon au broumé est probablement l’une des techniques les plus simples à mettre en œuvre.

Pourtant, elle offre parmi les sensations les plus fortes que l’on puisse vivre en mer.

Avec du matériel adapté, un peu de patience et quelques conseils, il est tout à fait possible de découvrir cette pêche et de vivre des moments inoubliables.

Si vous souhaitez vous lancer dans cette aventure, n’hésitez pas à venir nous rencontrer chez RS FISHING® Ajaccio.

Je prendrai toujours le temps de vous conseiller, de vous expliquer les montages, de vous montrer les principaux nœuds, de vous aider à choisir le matériel adapté à votre budget et à votre pratique.

Et si vous n’êtes pas en Corse, vous pouvez également nous contacter par téléphone.

Partager mon expérience, transmettre ma passion et aider d’autres pêcheurs à progresser fait partie des choses que j’apprécie le plus dans ce métier.

Réglementation de la pêche du thon rouge

La pêche du thon rouge est strictement réglementée et les règles évoluent régulièrement.

Avant toute sortie, assurez-vous que votre navire dispose des autorisations nécessaires et renseignez-vous sur les périodes d’ouverture en vigueur.

Le pêcher-relâcher et le prélèvement sont soumis à des règles spécifiques. Lorsqu’un poisson est conservé, il doit notamment être muni de la bague réglementaire prévue à cet effet.

En cas de remise à l’eau, le poisson doit être manipulé avec le plus grand soin afin de maximiser ses chances de survie.

Nous vous recommandons de consulter chaque année les informations officielles publiées par les autorités compétentes avant de pratiquer cette pêche.

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